Transport maritime : à Londres, l’OMI tente de tracer la voie vers le zéro émission
Les négociations se sont poursuivies au siège de l’Organisation Maritime Internationale (OMI) à Londres, où les États membres (176 États membres) tentent de s’accorder sur le futur cadre mondial de décarbonation du transport maritime. L’enjeu est de taille : il s’agit de définir les contours d’un mécanisme ambitieux visant à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre d’un secteur responsable d’environ 3 % des émissions mondiales.
Le mécanisme proposé repose sur deux piliers principaux. D’une part, une réduction progressive de l’intensité carbone des carburants utilisés par les navires, afin d’inciter les armateurs à adopter des solutions plus propres. D’autre part, un volet économique destiné à accélérer la transition énergétique du secteur. Ce dernier point cristallise cependant les tensions, plusieurs États contestant le principe d’un prélèvement mondial sur les émissions ou la création d’un fonds international géré par l’OMI.
Les discussions s’annoncent particulièrement tendues. L’administration américaine, sous la présidence de Donald Trump, s’oppose ouvertement à toute forme de tarification carbone mondiale dans le shipping. Washington privilégie une approche fondée sur les incitations, estimant que l’OMI mise trop fortement sur des carburants alternatifs encore insuffisamment matures. Cette position a déjà conduit à des blocages lors des précédentes sessions, certains pays comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ou les États-Unis allant jusqu’à menacer de sanctions économiques les États favorables à un cadre contraignant.
Pourtant, les règles déjà adoptées commencent à porter leurs fruits. Selon les dernières données transmises à l’OMI, l’intensité carbone du transport maritime international aurait diminué de plus de 38 % par rapport à 2008. Un progrès notable, mais insuffisant au regard de l’urgence climatique et des objectifs fixés par l’Accord de Paris.
La session actuelle pourrait permettre de redéfinir les termes du débat. Plusieurs délégations, comme celle du Liberia, cherchent une issue acceptable multilatéralement, en proposant une voie médiane : maintenir le cap vers le net carbone sans imposer d’emblée les outils les plus contestés. Aucun accord final n’est attendu à très court terme, mais les observateurs espèrent une avancée significative pour relancer la dynamique internationale.


