11 juin, 2026

Mondial de football 2026 : la crédibilité environnementale en question

La FIFA promet un Mondial « durable » pendant que les scientifiques projettent 9 millions de tonnes de CO₂ soit l’événement sportif le plus carboné de l’histoire. Un cas d’école qui ne concerne pas que le football.

Le coup d’envoi du Mondial 2026 est donné ce 11 juin 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Simultanément, une autre compétition se joue dans les médias : celle de la crédibilité environnementale de la FIFA

Selon une étude du New Weather Institute, l’édition 2026 devrait générer environ 9 millions de tonnes de CO₂ équivalent, soit près du double de la moyenne des quatre éditions précédentes (4,7 Mt CO₂e). L’élargissement à 48 équipes, 16 villes-hôtes réparties sur trois pays et des distances parfois supérieures à 4 000 km entre certains stades en sont les principales causes. À eux seuls, les déplacements des supporters représentent 87 % de l’empreinte totale estimée.

Une stratégie climat confrontée à un défi majeur

Face à ces projections, la FIFA a déployé une stratégie développement durable : efficacité énergétique des stades, gestion des déchets, logistique « verte ». Plusieurs observateurs soulignent toutefois l’absence d’objectif carbone global pour le tournoi ainsi que la place limitée accordée aux déplacements des spectateurs dans les engagements communiqués. La FIFA avait déjà présenté le Mondial 2022 au Qatar comme un événement « carbon neutral », une affirmation qui a depuis fait l’objet de contestations de la part de plusieurs experts et organisations environnementales. En 2024, elle a signé un partenariat avec Aramco, l’un des plus grands producteurs d’hydrocarbures au monde, responsable d’environ 4 % des émissions mondiales de CO₂.

Le résultat est un écart structurel entre les engagements affichés et les décisions réelles : choix du format, localisation des villes-hôtes, sélection des partenaires commerciaux. Cette situation met en lumière la difficulté d’aligner des ambitions environnementales élevées avec certaines décisions stratégiques et opérationnelles.

Ce décalage n’est pas une exception sportive. Beaucoup d’entreprises affichent de grandes ambitions RSE sans avoir mis en place les méthodes pour s’assurer que leurs décisions quotidiennes y sont réellement alignées. Or de plus en plus, donneurs d’ordres et clients exigent de la transparence, de la traçabilité, des preuves concrètes. Un écart trop visible entre communication et réalité peut coûter cher, en contrats perdus, en réputation abîmée.

Vos engagements RSE s’appuient-ils sur des preuves suffisantes pour convaincre vos clients et partenaires ?

Ce qu’ACTE International recommande : 

  • Aligner vos engagements environnementaux sur vos décisions concrètes : choix des fournisseurs, partenaires, modes de transport
  • Mesurer votre empreinte carbone sur l’ensemble de votre chaîne de valeur (scopes 1, 2 et 3), pas uniquement vos opérations directes
  • Documenter vos actions RSE de façon à pouvoir les présenter dans un appel d’offres ou un audit client
  • Identifier les incohérences entre vos objectifs affichés et vos pratiques réelles avant que vos clients ne le fassent

Vous voulez savoir ce que vos clients attendent concrètement ? Contactez notre experte pour un échange ciblé sur votre secteur : prendre rendez-vous.

Source :
  • New Weather Institute, étude sur l’empreinte carbone du Mondial 2026, 2025–2026
  • Euronews, « The dark side of the 2026 World Cup », juin 2026
  • France 24, « Avec le Mondial 2026, un gigantisme au prix du climat », juin 2026
  • La Presse, « Coupe du monde 2026 : la démesure aux dépens du climat », 2026
Rédacteur : Johanna Bantman