Lutte contre la corruption : les défis du continent africain

ACTualité

septembre 2021

Kenya prévention corruption

Réalisé au Kenya, le rapport "La corruption au Kenya : décryptage d'un phénomène aux multiples facettes" présente un bilan clair des multiples aspects de la corruption en Afrique.

Le Kenya était classé 6e pays le plus riche du continent africain en 2019, et 9e pays le plus dynamique de la région. Mais entre 2012 et 2019, il se positionne au 140e rang sur 180 de l'Indice de Perception de la Corruption de Transparency International. En 2019, plus de 64 % des citoyens considéraient que les pratiques de corruption étaient en recrudescence.

Des chiffres qui indiquent que dynamisme économique ne rime pas forcément avec diminution des pratiques de corruption.

Le cas du Kenya donne quelques clés intéressantes des principaux enjeux de la prévention de la corruption en Afrique et ailleurs dans le monde :

  • Quand la corruption est politico-administrative, elle génère l'interpénétration des intérêts publics et privés. L'Etat devient "privatisé" à l'avantage des détenteurs du pouvoir. Cela leur garantit un enrichissement personnel (par le détournement de fonds) et de nombreuses possibilités de favoriser leur entourage (par l'octroi de récompenses de multiples formes). Les gros contrats d'infrastructures cibles de toutes les convoitises, et la multiplication des entités administratives décentralisées (provinces, comtés...) agissent comme un véritable terreau de la corruption.
  • L'attitude des citoyens est ambiguë : elle oscille entre victime passive et acteur. Particulièrement "arrosé" à l'occasion des élections, le citoyen est ainsi convaincu de la redistribution verticale de la corruption, et encouragé à l'accepter comme un mode de vie. Le langage associé ("It's our turn to eat", "Let's help each other", "Buy me drinks"...) tend à normaliser les pratiques et fait de la corruption un moyen comme un autre de résoudre des situations difficiles.
  • La lutte contre la corruption prend plus souvent la forme d'une arme électorale vouant à décrédibiliser l'adversaire, qu'une volonté réelle de mettre fin à ces pratiques. En les laissant perdurer, les États pensent préserver les investisseurs en leur donnant accès à la richesse, tout en s'assurant du soutien des électeurs pour arriver au pouvoir.

Avis d'expert

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Anne LE ROLLAND, Experte en Prévention de Corruption Internationale (DG ACTE International Groupe)

Un bilan décevant : la lutte contre la corruption ressemble à un programme politique superficiel et partisan ! Une situation qui tend à ancrer les pratiques et faire croire qu'à un moment ou un autre tout le monde aura à y gagner, il suffit d'attendre son tour !

Plus qu'un programme de lutte contre la corruption, il semble opportun d'engager en profondeur un travail sur la prévention, qui nécessite de la part des États de :

- faire preuve d'exemplarité en matière d'équité et d'égalité de traitement ;
- former les agents publics ;
- sensibiliser dès le plus jeune âge ;
- inclure des exigences en matière d'éthique et d'intégrité pour l'accès aux marchés publics ;
- donner les pleins pouvoirs à leurs autorités de contrôle ;
- encourager les entreprises à mettre en place des politiques anti-corruption ;
- déployer leurs exigences anti-corruption dans l'ensemble de leurs services au citoyen ;
- protéger les populations les plus exposées ;
- sanctionner la grande autant que la petite corruption.

Prévenir c'est encourager à faire différemment et travailler sur l'avenir. Un consensus international trouvé avec la Norme ISO 37001 !

Et certains pays* n'hésitent pas à innover en la matière, tout en étant confrontés au quotidien à des défis de taille.

 

* cf Prévention de la corruption : bonnes pratiques au TOGO

Pour aller plus loin...

1ère PME française prestataire en Global Supply Chain Management certifiée ISO 37001, ACTE International accompagne en France et à l'étranger, les entreprises pour la réalisation de leur cartographie des risques, la création et déploiement de leurs dispositifs de prévention de la corruption : obligation légale (Loi Sapin 2, FCPA ou UKBA), cadre normatif (ISO 37001), exigence commerciale (des clients ou fournisseurs), ou volonté d'excellence des dirigeants,... ACTE International garantit une approche terrain, opérationnelle et calibrée à chaque organisation internationale ! 

Source(s) : IFRI

Rédacteur(s) : A. LE ROLLAND