Transport : relance du fret ferroviaire français

ACTualité

septembre 2021

fret ferroviaire français

De nouvelles aides publiques vont être débloquées pour booster le transport de marchandises par rail dans l’Hexagone.

A l’heure actuelle, le fret ferroviaire ne représente que 9 % du transport intérieur de marchandises en France (contre 18 % au sein de l’Union européenne, sachant que Bruxelles vise les 30 % en 2030), tandis que 90 % d’entre elles sont acheminées par la route. En France, les volumes de produits transportés en train ont chuté de 43 % en vingt ans, alors que le fret routier, plus polluant, a augmenté de 16 %.

Afin de doubler la part modale du fret ferroviaire en France d’ici 2030, plusieurs mesures sont mises en place dans le cadre des actions gouvernementales en faveur de l'environnement :

  •  Une charte, proposée par le ministère des Transports, a été signée lundi 13 septembre, pour que tous les acteurs du secteur, chargeurs et réseau ferroviaire inclus, allient leurs forces pour verdir le transport de marchandises.
  • Déjà accordée en 2021, une enveloppe annuelle de 170 millions d’euros va être reconduite jusqu’en 2024 pour soutenir l'exploitation des services de fret ferroviaire. Elle viendra s’ajouter aux investissements s’élevant à un milliard d'euros, prévus par le plan de relance pour améliorer les infrastructures.
  • Afin de soutenir les opérateurs, la redevance de circulation pour les acteurs privés ou publics du fret ferroviaire sera également prise en charge par l’Etat de 2022 à 2024. 
  • Enfin, un budget de 210 millions d'euros sera consacré aux travaux des voies qui, réalisés la nuit, viennent actuellement surenchérir les coûts.

Avis d'expert

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Diana CAMMARANO, Experte - formatrice en Global Supply Chain Management chez ACTE International

Ces mesures suffiront-elles à convaincre les opérateurs d'utiliser le rail en France ? Rien n'est moins sûr. Bien d'autres ont été prises dans le passé pour développer les transports ferroviaire et fluvial, moins polluants que le fret routier mais sans grand succès.

Encore aujourd'hui, ces actions gouvernementales en sont la preuve, le transport routier reste privilégié parce qu'il offre une plus grande souplesse en termes de fréquence de départ et de transit time, ainsi qu'une couverture nationale et internationale supérieure. Un transport routier peut être réalisé de porte à porte, en limitant les opérations de manutention et donc les risques associés, ce qui n'est pas le cas du train.

Afin de réussir cette transformation, il est primordial de développer à la fois les infrastructures et le réseau ferroviaires, surtout dans une période où les places sur les bateaux et les avions sont difficiles à trouver, obligeant ainsi les importateurs notamment à rattraper le temps perdu avec un des derniers maillons de la chaîne, le camion. 

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Source(s) : Les Echos 

Rédacteur(s) : C. BEDOUIN | D. CAMMARANO