Prévention de la corruption : bonnes pratiques au TOGO

ACTualité

septembre 2021

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Après deux années d'existence, l’Alliance Nationale des Consommateurs et de l’Environnement (ANCE), ONG basée au Togo, oeuvrant notamment à la lutte contre la corruption, dresse le bilan de ses actions.

L’ANCE a déployé depuis 2019 des "Centres d'Assistance Juridique et d'Action Citoyenne" (CAJAC) afin d'aider le gouvernement togolais à atteindre l'objectif 16.5 des Objectifs de Développement Durable (ODD) en réduisant la corruption et la pratique des pots-de-vin sous toutes leurs formes dans le pays.

Ces centres, ouverts au public des régions maritime, centrale et de la Kara, ont pour objectif d’autonomiser les victimes et les témoins d’actes de corruption pour leur permettre de faire valoir leurs droits. Plusieurs modes de remontée des alertes sont proposés : site web, numéro vert ou accès direct à différents bureaux.

En deux ans, plus de 200 cas de dénonciations d’actes de corruption ont été enregistrés par ces centres. Un bilan jugé satisfaisant car 70 % des alertes proviendraient de personnes vulnérables (paysans, petits commerçants, maçons, chômeurs) et, fait peu habituel, les 30% restant seraient initiés par des fonctionnaires d’Etat et des hauts cadres.

Autre objectif majeur pour les centres : informer les populations sur leurs droits. Une sensibilisation auprès de plus de 15 000 élèves a été faite dans divers établissements et un plan de communication va être déployé dans les villages, les cantons et les hameaux les plus reculés.

Le directeur exécutif de l’organisation constate que, lorsque les gens maîtrisent leurs droits, ils résistent mieux aux tentatives de corruption. Les textes existants étant complexes, il est impératif de les vulgariser pour que les acteurs puissent les comprendre et les appliquer. 60 % à 70 % des populations sont analphabètes et donc ignorent même l’existence des réglementations.

Avis d'expert

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Anne LE ROLLAND, Experte en Prévention de Corruption Internationale (DG ACTE International Groupe)

Le Togo est 134e sur 180 pays dans l'indice de Perception de la Corruption de Transparency International* avec un score de 29 points sur 100. Le chemin vers l'intégrité est encore long mais l'initiative de l'ONG montre que des actions sont possibles.

La lutte contre la corruption se décide d'abord par le haut avec un engagement nécessaire et absolu du gouvernement, mais elle requiert aussi des actions de terrain adaptées au contexte du pays.

Pragmatisme, progressivité, diffusion dans toutes les couches et générations de la société civile, l'initiative mérite d'être soutenue. Le fait que tous les citoyens, mais également les fonctionnaires, aient eu accès à ce recours prouve son adéquation avec leurs attentes.

Certes, le bilan est encore modeste, mais la sensibilisation dans les écoles, les villages et lieux de vie plus éloignés des grandes villes, contribue à préparer la génération de demain à une plus forte résistance à l'acte de corruption.

Un modèle qui peut être décliné dans le secteur de l'entreprise, avec un dispositif de prévention de la corruption de long terme à intégrer dans un plan d'amélioration continue d'un système de management anti-corruption !

* cf Indice mondial de Perception de la Corruption (IPC) 2020

Pour aller plus loin...

1ère PME française prestataire en Global Supply Chain Management certifiée ISO 37001, ACTE International accompagne en France et à l'étranger, les entreprises pour la réalisation de leur cartographie des risques, la création et déploiement de leurs dispositifs de prévention de la corruption : obligation légale (Loi Sapin 2, FCPA ou UKBA), cadre normatif (ISO 37001), exigence commerciale (des clients ou fournisseurs), ou volonté d'excellence des dirigeants,... ACTE International garantit une approche terrain, opérationnelle et calibrée à chaque organisation internationale ! 

Source(s) : Togo Breaking News

Rédacteur(s) : A. LE ROLLAND