Fret aérien : tension dans l'air sur les supply chains !

Atmosphère Internationale

June 2020

Fret aérien covid-19

La crise sanitaire a des impacts sur tous les secteurs du transport international : le fret aérien est particulièrement touché avec un effondrement des capacités de chargement, obligeant les chaînes d'approvisionnement et de distribution à faire preuve d'une grande agilité...

Thème

Transport international

Pays

MONDE

Un des effets de la pandémie mondiale est le fort ralentissement des vols internationaux de marchandises : selon l'Association Internationale du Transport Aérien (IATA), le volume du fret aérien a diminué de près de 30% en avril 2020 par rapport au mois précédent... soit une chute de la capacité de fret d'environ 42% par rapport 2019 !

Principalement en cause, l'annulation de la plupart des vols passagers sur cette période et donc de tous les chargements de marchandises en vol mixte (passagers + fret). Pour les opérateurs du commerce international, il fallait donc trouver d'autres alternatives...

Ainsi, les vols tout cargo se sont intensifiés et certaines compagnies aériennes ont même temporairement utilisé des avions passagers pour transporter les marchandises.

Le secteur du transport aérien tente de s'adapter à la demande, mais ce "coup de chaud" s'est vite estompé : tout comme la consommation, la production manufacturière a subi un coup d'arrêt et les besoins en transport ont fortement diminué depuis.

Avis d'expert

photo-portrait-jb

Julie BONNETON, Experte - formatrice en Transport International chez ACTE International

Cette crise sanitaire a fortement secoué le secteur aérien dès le départ : avec les fermetures de frontières et le confinement des populations touchées par le COVID-19 (principalement Asie, Europe et États-Unis), la plupart des flottes sont restées clouées au sol. L'interruption du transport de passagers a eu des conséquences immédiates sur l'offre de fret.

Et même si l'on assiste aujourd'hui à un redécollage de l'activité de transport aérien, nous ne sommes pas revenus au niveau de service d'avant la crise. Par exemple, seuls 1 à 2 vols quotidiens sont assurés sur la liaison Paris CDG - New York contre 5 à 6 habituellement, et l'on note encore l'absence totale de vols directs pour certaines destinations (Miami, San Francisco,...). 

Conséquence majeure pour les exportateurs / importateurs : une envolée des taux de fret multipliés par 4Un surcoût important qui incite les opérateurs du commerce international à se tourner vers le transport maritime, voire le fret ferroviaire, et ce malgré des transit-times* beaucoup plus longs.

Cette crise sanitaire a aussi des impacts sur les lead-times** qui s'allongent considérablement :

  • A l'import en France et dans de nombreux autres pays, la priorité a été donnée aux matériels médicaux et équipements de protection individuelle (EPI). Mis en stand-by dans les entrepôts pendant plusieurs semaines, les autres flux de marchandises commencent tout juste à être résorbés.
  • A l'export, les plate-formes logistiques et entrepôts ont eu recours au chômage partiel pour réduire les heures de travail, rendant les process de sécurisation des flux plus longs qu'habituellement : il faut compter 2 à 3 jours supplémentaires.

L'après crise s'annonce compliquée pour les supply chains qui doivent revoir en profondeur leur organisation logistique, alors que les prix de revient, les contrats d'achat et les incoterms avaient été fixés souvent plusieurs mois en arrière !

Toutefois, des solutions opérationnelles, administratives et réglementaires existent pour ajuster et/ou créer de nouveaux scénarios pour vos chaînes d'approvisionnement et de distribution : n'hésitez pas à vous rapprocher de nos experts... même à distance !

* Transit-time : délai d'acheminement en transport international.

** Lead-time : délai de mise à disposition pour la consommation d’un produit à partir du moment où celui-ci a été commandé. 

Source(s) : www.supplychaindive.com | Réseau ACTE International

Rédacteur(s) : J. BONNETON | M. ANTIER