Commerce international : pas de répit pour les opérateurs en 2019 !

Atmosphère Internationale

janvier 2019

Commerce international 2019

En 2018, avec le grand retour sur le devant de la scène internationale des guerres commerciales et des politiques protectionnistes, les supply chains internationales ont été fortement secouées... Coup d’œil dans le rétroviseur sur une année chaotique pour mieux se projeter sur ce qui attend les opérateurs du commerce en 2019 !

Thème :

Commerce international

Pays :

 Monde

Dès mars 2018, l'administration Trump a lancé les hostilités commerciales en relevant les barrières tarifaires à 25% pour l'acier et 10% pour l'aluminium (cf. Commerce mondial : jusqu’où ira le protectionnisme américain ?)...

Premier épisode d'une longue saga, et prise de position hautement politique provoquant une réaction en chaîne à l'échelle mondiale : le Mexique, le Canada, la Turquie ou encore l'Union européenne ont répliqué en imposant des mesures de rétorsion aux États-Unis, et/ou en déposant plainte auprès de l'OMC.

Parti sur sa lancée, le Président américain décidait de provoquer la Chine en publiant successivement 3 listes de produits "made in China" ciblés par des augmentations de droits de douane à l'importation... le tout agrémenté de tweets rageurs pour justifier ses décisions et jeter de l'huile sur le feu (cf. Commerce international : les États-Unis rebattent les cartes des accords commerciaux) !

Xi Jinping, le président chinois, rendait coup pour coup en surtaxant à son tour certains produits américains emblématiques (cf. USA / Chine : reprise des hostilités commerciales...).

Alors que l'air devenait irrespirable pour les opérateurs du commerce international, une trêve de 3 mois dans cette guerre commerciale sino-américaine a finalement apporté une bouffée d'oxygène en fin d'année (cf Commerce international : pause dans la guerre commerciale États-Unis vs Chine).

Tandis que les deux principaux protagonistes monopolisaient la scène médiatique internationale, les mesures prises en Inde par le gouvernement Modi, sont passées quasi inaperçues...

Poursuivant son programme "Make in India" visant à favoriser la production locale au détriment des importations, le Premier ministre indien a en effet augmenté les droits de douane sur de nombreux produits (cf. Export Inde : augmentation des droits de douane).

Mais, en matière de protectionnisme, l'Algérie pourrait revendiquer la palme 2018 : le gouvernement algérien a en effet interdit dès janvier l'importation de nombreux produits sur son territoire (cf. ALGÉRIE : 851 produits interdits à l’importation !), et exigé une "attestation de libre commercialisation" pour ceux encore autorisés (cf Algérie : attestation de conformité obligatoire pour les exportateurs étrangers).

Le flou administratif autour du visa de cette attestation a persisté plusieurs jours, donnant des sueurs froides aux exportateurs français et européens dont les marchandises étaient bloquées en douane !

Face à cette déferlante, le libre-échange aurait bien pu se noyer... et ce n'est certainement pas l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), toujours réduite à un rôle d'observateur dans la course aux accords commerciaux bilatéraux, qui aurait pu jouer les sauveteurs (cf. Accord de Facilitation des Échanges : le nouveau Graal de l'OMC) !

Cependant, certaines nations encore convaincues par la nécessité de défendre le libre-échange, ont fait preuve de plus d'ouverture : le Canada, le Japon ou encore l'Union européenne, ont ainsi conclu divers accords en cours d'année. Une bonne stratégie pour occuper le terrain pendant que Washington s'empêtrait dans des négociations hasardeuses avec ses partenaires frontaliers (cf. ALENA : toujours pas d’avancée majeure dans les négociations).

Du côté de l'Union européenne, 2018 a d'ailleurs été l'occasion de conclure deux accords commerciaux majeurs : avec le Japon  et Singapour.

Au niveau mondial, les principaux événements marquants pour le multilatéralisme ont été :

L'année 2019 sera-t-elle plus clémente pour les importateurs / exportateurs ? Rien de moins sûr... à commencer par la bombe à retardement que constitue le BREXIT pour l'Europe !

Avis de l'expert : 

Même si les prévisions tablent sur une croissance de 3.6% du commerce mondial en 2019 (3.8% en 2018), la tendance protectionniste qui devrait se poursuivre impactera sans nul doute les supply chains.

USA vs Chine

Des négociations se tiennent depuis début janvier et pourraient aboutir à un accord mettant un terme à l'escalade des mesures protectionnistes. Rappelons-nous toutefois que des pourparlers similaires avaient échoué en 2018 !

Pour espérer trouver un consensus, la Chine fera-t-elle l'effort d'ouvrir son marché aux importations américaines et de limiter ses exportations à destination des États-Unis comme exigé par Donald Trump ?

Si les menaces du Président américain étaient mises à exécution, l'Empire du Milieu pourrait accuser le coup : avec une croissance économique en perte de vitesse, les sanctions américaines pourraient gripper l'économie chinoise à une phase charnière de sa mutation économique (cf. Export Chine : l'appel d'air du « Made in China 4.0 »).

Malgré tout, le rapport de force est loin d'être déséquilibré : les importateurs américains (fabricants, distributeurs, e-commerce) ont besoin de pouvoir s'approvisionner à moindre coût en Chine pour rester compétitifs... Sans parler de la dette américaine aux mains des Chinois : des ventes massives d'emprunts d'Etat américains par Pékin pourraient avoir de (très) lourdes conséquences sur la stabilité de la première puissance mondiale !

Reste à savoir dans quelles mesures les enjeux politiques nationaux et internationaux domineront les débats à venir...

USA vs Monde

N'oublions pas non plus qu'en 2018 le Président américain a brandi à la face du monde la menace d'une taxe additionnelle de 25% sur les importations de véhicules, faisant trembler tous les pays dont le secteur automobile est un des piliers de l'économie ! Et l'idée n'a pas été abandonnée : elle pourrait bien être remise sur le tapis en 2019. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'Union européenne négocie actuellement avec les États-Unis à titre préventif...

BREXIT

A deux mois de l'échéance fatidique (29 mars 2019), tout le monde retient son souffle car il n'y a toujours aucune certitude sur les modalités de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (cf. BREXIT : défaite cuisante de Theresa May au Parlement britannique).

Les entreprises UE qui achètent et vendent au Royaume-Uni restent dans l'expectative : Hard Brexit ? Soft Brexit ? No Brexit ? Second référendum ? Faites vos jeux...

Et, là encore, des enjeux majeurs de politique nationale influeront sur le dénouement de ce feuilleton à suspens : en cas de séparation sans accord (Hard Brexit), le Royaume-Uni parviendra-t-il a conserver son unité ? Irlande du Nord, Écosse et Pays de Galles pourraient bien faire bande à part pour rester dans l'UE ! 

Libre-échange

Quels seront les accords qu'il faudra suivre de près en 2019 ?

Au niveau de l'Union européenne, les entreprises exportatrices devraient pouvoir bénéficier dès le 1er février de l'Accord de Partenariat Economique avec le Japon.

L'accord de libre-échange avec le Vietnam, pourtant à un stade très avancé (cf. Accord de libre-échange UE / Vietnam : entrée en application en 2018 ?), est en stand-by en raison d'engagements non tenus par le gouvernement vietnamien en matière de droits humains et de droit du travail... 

D'autres négociations commerciales bilatérales vont se poursuivre, notamment avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande, et le Mercosur.

Au niveau mondial, le Regional Comprehensive Economic Partnership, qui regroupe les pays de l'ASEAN, l'Australie, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, le Japon et la Nouvelle-Zélande, peine à aboutir. Lancées en 2013, les négociations multilatérales de cette future zone de libre échange (34% du PIB mondial) sont actuellement freinées par l'Inde... à suivre !

Avec la multiplication de ces accords commerciaux, la simplification des réglementations et des procédures n'est pas à l'ordre du jour pour les opérateurs du commerce international. C'est pourtant la mission principale de l'OMC, restée discrète en 2018... et pour cause ! Si aucune solution n'est trouvée, la fin de l'OMC semble inéluctable : l'organe de règlement des différends ne pourra plus fonctionner faute de juges en poste d'ici fin 2019 ! Les États-Unis s'opposent au renouvellement des magistrats et paralysent cet organe opérationnel.

Dans la mêlée...

2019, sera donc encore une année mouvementée pour le commerce, avec son lot d'évolutions réglementaires synonymes de perturbations pour les supply chains internationales : vigilance obligatoire ! Ce qui qui n'exclut pas quelques belles opportunités à saisir pour les entreprises les plus agiles, anticipant et maîtrisant les nouvelles contraintes, et capables de se projeter rapidement sur de nouveaux marchés ou de nouvelles zones de sourcing.

En 2019, plus que jamais, vous pourrez compter sur nos équipes pour vous accompagner sur le chemin de la réussite internationale !

Pour aller plus loin...

Sources : Divers media / Réseau ACTE International

Rédacteur(s) : J. BONNETON / M. ANTIER / Z. MAZID / D. CAMMARANO

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