Lutte contre la corruption : le Maroc avance pas à pas...

Atmosphère Internationale

octobre 2018

Corruption Maroc

L'engagement du Maroc en matière de lutte contre la corruption, s'il n'est plus à démontrer, prête toutefois le flanc aux critiques par son manque de communication. La stratégie est pourtant claire, et les avancées notables depuis 2015... Récemment, le Gouvernement a dû sortir de son mutisme pour faire un point d'étape et l'exposer au grand jour. Un effort qui en appelle d'autres afin de convaincre la société civile et les milieux d'affaire des bienfaits de son action.

Thème :

RSE et prévention de la corruption

Pays :

MAROC

Transparency Maroc tirait il y a peu la sonnette d’alarme sur le manque de suivi de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, dont la première et unique réunion du Comité de pilotage s’est tenue au mois d’avril 2018... Cette mise en doute a été suivie, sans qu’aucun lien ne soit établi, par une manifestation contre la corruption et le pillage de l’argent public le 14 octobre dernier à Casablanca.

Il n’aura pas fallu longtemps au gouvernement marocain pour réagir par la voix du Ministère de la Fonction Publique, et communiquer sur les projets en cours en matière de lutte contre la corruption :

  • L’éducation : la prochaine intégration de thématiques de lutte contre la corruption dans les programmes et les manuels scolaires de l’enseignement primaire et secondaire.
  • La formation à la prévention de la corruption, notamment au niveau des services ressources humaines du secteur public.
  • La communication : plusieurs administrations publiques, s’apprêtent à revoir leur plan de communication pour améliorer l’information des citoyens et des agents notamment sur l’existence de plusieurs mécanismes de plainte et de dénonciation de la corruption.

Ce point s’inscrit directement dans la démarche de « gouvernement ouvert » entreprise par le Maroc en collaboration avec l’OCDE qui vise à augmenter l’implication de la société civile dans les politiques publiques et son accès en temps réel à une information transparente.

Avis de l'expert : 

Force est de reconnaître qu’au Maroc la communication sur l'engagement anti-corruption du Gouvernement est surprenante : en étant « à réaction » elle donne la sensation d'un statu quo alors qu’en réalité ça avance !

 Si pour le moment le gouvernement se cantonne à des déclarations publiques, certains projets ont bien été lancés :

  • Un appel d’offres d’élaboration et de mise en œuvre d’un plan de communication sur la stratégie de prévention des risques de corruption dans les secteurs de l’urbanisme et de l’immobilier – par le Ministère de l'Aménagement du Territoire National, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la Ville (octobre 2018)
  • Un cycle de formation de neuf mois vient de s’ouvrir à l’École supérieure de l’administration publique de Rabat afin de consolider les compétences des hauts fonctionnaires pour contrôler les marchés publics, prévenir les crimes financiers et lutter contre la culture du “bakchich” dans les services publics.
  • La mise en place d’un numéro vert anti-corruption du ministère de la Justice qui a permis de présenter 39 cas de corruption avérés devant la justice et l’arrestation de 43 fonctionnaires et agents publics depuis mai 2018.
Le milieu des affaires aussi s’engage !

Deux entités ont présenté leur expérience et parcours dans la mise en place du référentiel certifiable ISO 37001 dans le cadre d'une démarche de management anti-corruption.

C’est bien trop peu à l’échelle d’un pays comme le Maroc et au regard de ses ambitions sur la scène internationale et africaine... mais ces engagements et réactions témoignent d’une prise de conscience de l’Etat et des opérateurs.

Malheureusement et comme le souligne à juste titre le rapport annuel 2017 du Conseil économique social environnemental (CESE), les délais entre l’adoption des lois et leur mise en application sont bien trop longs : pour preuve, les dernières déclarations du Ministère de la Fonction Publique qui souhaite revoir certaines mesures de la stratégie nationale de lutte contre la corruption devenues obsolètes avec le retard pris dans l’application de la réforme née en 2015, puis retoquée en 2017 (cf. Maroc : 2018, année charnière de la lutte contre la corruption !).

Le Maroc, comme sur beaucoup d’autres sujets, paye son immobilisme législatif et réglementaire et un engagement médiatique encore trop faible. Le sujet de la lutte contre la corruption devrait toutefois animer les débats des prochains mois ce qui, généralement, débouche sur des progrès.

Pour aller plus loin...

ACTE International est un cabinet d’expertise stratégique, d’audit et de formation en global supply chain management, qui accompagne à travers le monde les entreprises dans l’établissement de cartographie des risques de corruption, le déploiement de dispositifs de management de la prévention de corruption, la formation des collaborateurs exposés et les pré-audits de certification.

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