Afrique : la zone de libre-échange continentale (ZLECA) est sur les rails

Atmosphère Internationale

avril 2018

Afrique ZLECA CFTA

Fin mars se déroulait à Kigali le 10ème sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) : un sommet déjà présenté comme l’un des plus importants de l’organisation avec l’accord donné par une quarantaine d’Etats pour intégrer la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECA). Ce chantier est l’aboutissement d’une vision énoncée il y a près de 40 ans dans le Plan d’action de Lagos, adopté en 1980.

Thème :

Commerce international

Pays :

AFRIQUE

Lancées en juin 2015 par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, les négociations ont abouti le 21 mars 2018 à la signature de l'accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), et clôturant ainsi la 1ère phase du projet.

44 pays africains ont signé la ZLECA (dont le Maroc)*, tandis que 50 pays au total ont signé la "déclaration de Kigali", affirmant leur engagement à mettre en œuvre cet accord.

Principal objectif macroéconomique : accroître le commerce intra-africain de plus de 50% en éliminant les barrières tarifaires (droits de douane) à l’horizon 2022 !
A terme, quand les barrières non tarifaires seront également levées sur les biens et services, le volume global des échanges pourrait être multiplié par 2.

27 pays ont également signé le Protocole de l'Union africaine sur la libre circulation des personnes, qui complète la ZLECA en prévoyant pour les ressortissants des pays signataires la suppression des visas (devrait conduire à la création d’un passeport africain), le droit de résidence, le droit de faire des affaires et de créer des établissements professionnels.

Inscrit dans le cadre de l’Agenda 2063, cet  accord de libre-échange panafricain  devrait aboutir à la création d’un marché de plus d’1,2 milliard de personnes pour un PIB global évalué autour de 3 000 milliards USD (55 pays membres de l’UA). Les retombées économiques attendues au profit des africains sont extrêmement importantes à commencer par :

  • Les PME qui représentent 80% des entreprises de la région;
  • Les femmes qui constituent 70% des commerçants transfrontaliers informels;
  • Les jeunes qui devraient profiter des nouvelles opportunités d’emploi.

Les structures complémentaires à la ZLECA comprendront l’African Business Council (Conseil africain des affaires), qui regroupera et articulera les points de vue du secteur privé, ainsi qu’un observatoire du commerce qui assurera le suivi et l'évaluation des activités.

Enfin, la mise en place d’une union douanière africaine se profile à moyen terme.

* Liste des Etats membres de l'Union africaine signataires de l'accord ZLECA au 21/03/2018 à disposition de nos abonnés sur simple demande.

Avis de l'expert : 

Il s’agit sans nul doute du plus important chantier entreprit par les Etats africains. Ce marché unique à l’échelle continentale est vecteur de beaucoup d’espoirs pour cette région du monde, alors que les défis qui l'attendent sont majeurs et multiples : accroissement de la population, impact du réchauffement climatique, stabilisation politique, gestion des ressources, développement des infrastructures, éducation et formation, etc.

Sur le papier, la création de cette ZLECA devrait permettre au continent de se développer en se dotant d’un  atout économique redoutable, dans la droite ligne du récent engagement sur le Marché Unique du Transport Aérien Africain (cf. Atmosphère Internationale de mars 2018).

Selon les textes officiels, l'entrée en vigueur de l'accord est prévu dans un délai de 180 jours, soit d’ici septembre 2018 : le temps de permettre aux pays signataires de le ratifier dans les textes nationaux. Ce qui ne veut pas dire qu'il entrera en application effective... loin de là !

Cet ambitieux chantier n’en est qu’à ses prémices : de nombreux aspects doivent encore être débattus au sein des groupes de travail et trouver un consensus au niveau de l’Union africaine.

Des questions techniques restent notamment en suspens :

  • Quid des accords commerciaux bilatéraux entre pays africains et pays tiers (hors Afrique) ?
  • Les produits importés devront-ils subir une transformation dans un Etat membre de la ZLECA pour pouvoir circuler librement (sans droits de douane) au sein de la zone économique ? Et si oui à quels niveaux de transformation (ouvraison suffisante) seront-ils soumis ?
  • Quel statut sera accordé aux produits transformés en zone franche et partiellement mis à la consommation dans la ZLECA ?
  •  Y'aura-t-il une monnaie unique pour faciliter les échanges commerciaux et éviter les écarts artificiels de prix de revient ?

Il sera très intéressant de suivre le mouvement des Communautés Economiques Régionales (CER) qui joueront un rôle prépondérant dans les négociations et les accords d’étape.

Pour aller plus loin...

ACTE International déploie son offre de services au Maghreb et en Afrique subsaharienne : audit, expertise-conseil, formation professionnelle et services logistiques internationaux.

Depuis notre filiale au Maroc (Casablanca), nous mettons nos compétences et notre approche transversale du Global Supply Chain Management au service des entreprises en développement sur l'ensemble du continent.

Toute l'actualité

Partager sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Google+ Partager sur Linkedin