Maroc : 2018, année charnière de la lutte contre la corruption !

Atmosphère Internationale

mars 2018

Maroc anti corruption 2018

Le Maroc rêve de devenir le 2ème pays africain à accueillir la Coupe du monde de football en 2026 : il s’agira de la première candidature après les scandales de corruption qui ont entaché la FIFA* et pour lesquels des procédures ont été entamées par les autorités judiciaires de plusieurs pays. L’organisme international a donc renforcé son cahier des charges en matière de corruption, tant pour ses propres mécanismes de sélection que sur les critères d’évaluation des candidatures.

Thème :

RSE internationale & prévention de la corruption

Pays :

MAROC

Le Maroc va donc accélérer sur ces questions bien encouragé par son gain de 9 places au classement mondial de l'indice de perception de la corruption (IPC) 2017 publié par Transparency International (cf. Atmosphère Internationale de février 2018).

Les récentes annonces du gouvernement marocain sont plutôt positives : 31 condamnations judiciaires auraient été prononcées depuis le lancement du numéro vert « anti-corruption » en 2015 (cf. Atmosphère Internationale de juin 2015), multipliant par deux la moyenne annuelle des affaires traitées.

Autre avancée, la Stratégie nationale de lutte contre la corruption, signée en mai 2016 (cf. Atmosphère Internationale de janvier 2016), devrait enfin être mise en route avec le démarrage de la Commission Nationale Anticorruption (CNAC), créée en 2017 : les membres ayant désormais tous été nommés, le gouvernement a annoncé une première réunion en avril 2018 pour lancer les chantiers suivants:

  • redéfinition et suivi du déploiement de la stratégie nationale
  • coordination des différents secteurs et organismes chargés de la mise en œuvre des programmes
  • harmonisation des procédures arrêtées et des programmes (macro & sectoriels)

* FIFA : Fédération Internationale de Football Association

Avis de l'expert : 

Si les chiffres avancés par les autorités sont à prendre avec prudence puisqu’il s’agit d’affaires « divulguées », il est néanmoins très positif de noter que :

  • La communication s’intensifie autour de la lutte contre la corruption dans les médias : en s’exprimant publiquement sur ce sujet, l’autorité s’oblige en quelque sorte à agir pour conserver une cohérence entre propos et actions.
  • L’augmentation des affaires et alertes de corruption depuis la mise en place des dispositifs de prévention au Maroc ont un effet positif sur l’IPC du Royaume : il semble donc que l’opinion publique soit favorable aux mesures entreprises.

Longtemps attendue, la programmation prochaine de la 1ère réunion de la CNAC est un message fort… même si la Commission n’a prévu de se réunir que deux fois par an : un calendrier un peu léger compte tenu de l’importance du sujet et du scope d’intervention !

Car si le gouvernement parle « d’opérationnalisation » de cet organe, son agenda et ses objectifs très « administratifs » peuvent faire craindre une déconnexion des réalités de terrain et une certaine inertie bureaucratique : comme rappelé dans le discours royal au sujet de la lenteur de la réforme de l'administration du pays, charge à cette Commission de prouver le contraire et d’agir rapidement et de manière pragmatique !

Il est toutefois intéressant de noter la participation de représentants de l’OCDE dans l’optique de définir des plans d’ajustements, ce qui n’est pas forcément un gage de « rapidité » d’action mais qui atteste que le Maroc, conscient de l’ampleur du chantier, souhaite s’entourer de « références » pour ne pas perdre de temps.

La CNAC devra également évaluer l’impact des dispositifs déployés, on pense particulièrement aux procédures dématérialisées et guichets électroniques pour obtenir documents administratifs, autorisations et financements publics…

Enfin, il est à souligner que les acteurs privés n’ont pas attendu les mouvements de l‘administration pour s’impliquer dans le déploiement de dispositifs internes de prévention de corruption : portés par quelques grands groupes marocains engagés dans ces démarches, et par le patronat qui organise des évènements de sensibilisation, d’échange et d’informations auprès des opérateurs, le sujet ne peut qu’avancer dans le bon sens !

ACTE International interviendra lors de la Rencontre-Débat "Ethique et conformité dans les affaires" organisée par la Confédération Générale des Entreprises Du Maroc (CGEM) le jeudi 22 mars 2018 à Casablanca (Maroc).

Pour aller plus loin...

ACTE International est un cabinet d’expertise stratégique, d’audit et de formation en global supply chain management, qui accompagne à travers le monde les entreprises dans l’établissement de cartographie des risques de corruption, le déploiement de dispositifs de management de la prévention de corruption, la formation des collaborateurs exposés et les pré-audits de certification.

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