Indice mondial de Perception de la Corruption (IPC) 2017

Atmosphère Internationale

février 2018

Indice mondial de Perception de la Corruption (IPC) 2017

Comment a évolué le niveau de corruption ressenti dans vos pays d'approvisionnement depuis 2016 ? En 2017, vos principaux partenaires commerciaux à l'export ont-ils bénéficié d'un environnement des affaires "propre" ? Les pratiques administratives, douanières et commerciales des services publics de vos marchés cibles vous contraindront-elles à des compromis pour développer vos activités internationales en 2018 ? Alors que les nouvelles lois françaises anti-corruption et RSE imposent la plus grande vigilance aux entreprises, l’indice mondial de perception de la corruption arrive à point nommé…

Thème :

RSE internationale & prévention de la corruption

Pays :

MONDE

L'Indice mondial de Perception de la Corruption (IPC) 2017 dans le secteur public vient d'être publié par l'ONG Transparency International : 180 pays ont été passés au crible pour évaluer leur degré de corruption "ressenti" sur une échelle de 0 à 100, du plus corrompu au plus vertueux.

Cette année encore, plus de 2/3 des pays enregistrent une note inferieure à 50 et la moyenne générale reste bloquée à 43

Si l’on étudie l’IPC par zone géographique, la région la plus performante reste l'Europe occidentale avec un score moyen de 66 et les régions les moins performantes sont l'Afrique subsaharienne (32), l'Europe de l'Est et l'Asie centrale (34).

Mais ces scores globaux masquent des réalités différentes : au cœur de l’Europe occidentale, la Hongrie est passée de 55 en 2012 à 45 en 2017… C’est l'un des exemples les plus alarmants.

A l’inverse, certains états africains obtiennent de meilleurs notes que certains pays de l’OCDE* : Botswana, Seychelles, Cap Vert, Rwanda ou Namibie se positionnent devant des états membres de l’UE tels que l'Italie ou la Grèce !

En Asie, plus de la moitié des pays ont un score inférieur à 50. Parmi eux on trouve notamment les principaux pays de sourcing : Chine (41), Inde (40), Vietnam (35), Pakistan (34), Bangladesh (28). Si la tendance est plutôt à l’amélioration dans cette zone, force est de constater que la corruption institutionnelle bénéficie encore de puissants ancrages.

Au cours des six dernières années, plusieurs pays en développement ont toutefois réussi à améliorer leur indice de manière très sensible. C’est notamment le cas en Afrique où la Côte d'Ivoire et le Sénégal (+9 points en 5 ans) commencent à percevoir les effets bénéfiques des investissements publics à long terme engagés dans la lutte contre la corruption.

D’autres pays tels que le Maroc (cf. Atmosphère Internationale de septembre 2016) ou l’Indonésie remontent progressivement dans le classement mondial, grâce à la volonté politique des gouvernants et la mise en place de véritables stratégies nationales anti-corruption.

Mais d’autres sont clairement sur la pente inverse : la plus importante contre-performance du classement IPC 2017 concerne le Qatar qui perd 10 points d’indice et rétrograde à la 31e place : les accusations de corruption autour de l'attribution de l'organisation de la Coupe du monde de football 2022 ont éveillé une forte défiance de l’opinion publique à l’égard des institutions du pays.

*OCDE : Organisation pour la Coopération et le Développement Economique.

Avis de l'expert : 

L’analyse 2017 de Transparency International s’attache à démontrer le lien entre corruption et atteintes à la démocratie et aux libertés : les pays à niveau élevé de corruption sont ceux où la liberté de la presse est bafouée et où l'espace pour les organisations de la société civile (ONG, associations) est le plus réduit, voire inexistant.

La faiblesse de l'état de droit, le manque d'accès à l'information, le contrôle gouvernemental sur les médias sociaux et la réduction de la participation des citoyens à la vie publique sont autant d’indicateurs qui caractérisent un pays à fort risque de corruption.

Pour les entreprises françaises concernées par l’obligation de prévention de la corruption édictée par la récente Loi Sapin 2 (décembre 2017), la prise en compte de cet environnement est impérative pour analyser objectivement  le niveau d’exposition des collaborateurs et partenaires dans le cadre des activités internationales.

L’indice de perception de la corruption de Transparency International fait partie des outils incontournables pour réaliser une cartographie objective des risques de corruption, seule garantie de la pertinence du plan de vigilance qui en découlera.

Un état des lieux qui, selon les recommandations de l’Agence Française Anti-corruption (AFA) se doit d’être exhaustif, précis, formalisé, accessible et évolutif (cf. Atmosphère Internationale de février 2018).

Par ailleurs, un niveau élevé de corruption, généralement synonyme de faible gouvernance, implique souvent d’autres catégories de risque RSE (violation des droits de l’homme, non-respect des droits sociaux, dégradation de l’environnement,…) : dans les pays où l’indice IPC est faible, la vigilance des entreprises doit donc s’étendre au-delà des enjeux liés à la corruption.

La cartographie des risques sociaux, éthiques et environnementaux est d’ailleurs requise par la loi française sur le Devoir de Vigilance comme étape préalable à la mise en place du plan de vigilance (cf. Atmosphère Internationale de mars 2017). 

Pour aller plus loin...

Evaluation et diagnostic des risques de corruption, pré-audit et audit de validation ETHIC Intelligence / ISO 37001 de votre dispositif de prévention de la corruption, pilotage et assistance technique à la mise en place de votre politique anti-corruption, formation de vos collaborateurs exposés à la gestion du risque de corruption,...

Rédacteur(s) : L. VERBOUW | S. THONNERIEUX

Source(s) : www.transparency.org

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