Atmosphère Internationale
la lettre de veille stratégique du commerce international
 Thème COMMERCE INTERNATIONAL
 Pays FRANCE / ALGERIE / MAGHREB  Date mai 2015

Secteur automobile : les liens industriels franco-algériens se resserrent

Synthèse : Alors que le marché de l'automobile semble enfin se ressaisir, les filières industrielles française et algérienne se rapprochent : deux conventions de partenariat ont été établies début mai entre Renault Algérie et le ministère algérien de la Formation et de l'Enseignement professionnel, avec pour objectifs de renforcer les connaissances et le savoir-faire industriel des usines algériennes tout en formant les nouvelles générations de cadres et d'ouvriers : un pari sur l'avenir qui pourrait rapidement porter ses fruits !

Ce nouveau partenariat public-privé, présenté par les deux parties comme un contrat "gagnant-gagnant", repose sur un transfert de compétences au profit des établissements publics de formation professionnelle de Médéa et Annaba.
Le constructeur automobile français s'engage à mettre à leur disposition des outils pédagogiques et techniques modernes, à offrir aux formateurs eux-mêmes des stages de perfectionnement, et à accompagner la mise à niveau du réseau d'ingénierie automobile algérien : 7 formations diplômantes dans les métiers de l'automobile, de la vente et de l'après-vente seront notamment mises en place pour adapter les compétences aux enjeux actuels de la filière et ouvrir des perspectives d'emploi.

L'usine Renault Tanger Med a déjà formé plus de 4 500 jeunes depuis 2011 grâce à son Institut de Formation aux Métiers de l'Automobile (IFMIA).

Ces conventions font d'ailleurs suite à l'accord signé fin 2014 entre la Fondation Renault et trois pôles universitaires en Algérie (université d'Oran, HEC et l'École polytechnique d'Alger) afin de proposer des bourses d'étude facilitant l'accès des futurs cadres et managers algériens à des programmes de formation de haut niveau.
Avis de l'expert : L'observatoire international des Perspectives Economiques en Afrique (PEA)* relève à juste titre 3 défis majeurs pour le continent africain dans son rapport 2014 :
  • La compétitivité des activités économiques
  • L'insertion professionnelle des 13 millions de jeunes qui arrivent annuellement sur le marché de l'emploi
  • La transformation structurelle de l'économie africaine grâce à son industrialisation
Toujours selon le PEA, les récentes réformes et le démantèlement du secteur industriel public en Algérie ont notamment abouti à une augmentation des importations (avec la Chine comme premier fournisseur), une baisse de la productivité et un développement du secteur informel... Toutefois, l'Algérie semble amorcer depuis 2013 une politique de relance et d’intégration industrielles des filières, afin de diversifier la production nationale et de favoriser la création d’emplois.

C'est dans ce contexte que l'entreprise Renault se positionne, en partenaire du développement socio-économique algérien !

Alors que les ventes du constructeur automobile français ont augmenté de 12,6% au Maghreb depuis début 2015, on constate parallèlement que la part de production hors France de l'entreprise française a progressé de près de 6% sur la même période**. Il s'agit donc bien là d'une stratégie globale de développement, et non pas d'un programme ponctuel dicté par des intérêts à court terme !
Comme l'évoque son Directeur général Algérie, en augmentant son taux d'intégration local, Renault réalise des économies, baisse ses coûts de production... et facilite son accès au marché national.

En contrepartie, l'Etat algérien bénéficie de nouvelles filières de formation professionnelle pour sa "jeune" population, avec des perspectives d'emploi et un environnement propice à l'émergence de talents locaux, ainsi que la densification du réseau de sous-traitants autour des projets industriels. Une aubaine dans un contexte difficile pour les économies de rente basées sur le pétrole...

Rappelons ici qu'investir dans la formation c'est investir dans la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) : alors que la pression exercée par les consommateurs des pays développés et émergents sur les distributeurs s'accentue, la formation reste le meilleur moyen de maintenir et d'encourager le respect des normes de qualité, des codes éthiques ainsi que les bonnes pratiques sociales et environnementales au sein des supply chains internationales.
L'Afrique se dirige vers la transformation structurelle de son économie, axée sur une industrialisation rapide, laquelle ne pourra se détacher des engagements RSE... notamment au niveau des investissements directs à l'étranger (IDE), dont les critères d'attribution commencent à s'imprégner fortement des notions de durabilité et de transparence.

* Perspectives Economiques en Afrique (PEA) est un observatoire international dirigé conjointement par la Banque Africaine de Développement, l'OCDE et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).


** Analyse trimestrielle du Comité des Constructeurs Français d'Automobiles (CCFA)

ACTE International agit depuis plus de 10 ans dans le domaine de la veille, de la formation et du conseil à la mise en place de politiques éthiques, sociales et environnementales dans l'ensemble du réseau d'approvisionnement et de distribution internationale de ses clients.

Notre centre de formation professionnelle est adossé à nos activités opérationnelles de transitaire et commissionnaire en douane, d'expertise-conseil en import/export et de cabinet d'audit international.

C'est pourquoi nous sommes capables de proposer aux entreprises, en Europe mais également en Asie et en Afrique des formations techniques et managériales pertinentes, pratiques et adaptées aux enjeux actuels du commerce international dans nos quatre domaines de compétence : en savoir plus...
Imprimer  S. THONNERIEUX / M. FOURCADE / M. ANTIER
Source(s) : www.elwatan.com / afriqueinside.com (mai 2015)
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