Risque climatique : quand l’adaptation devient un enjeu clé pour les chaînes de valeur
Inondations en Asie, perturbations logistiques, tensions sur les approvisionnements : les risques climatiques physiques s’imposent désormais comme un facteur majeur de vulnérabilité économique pour les entreprises et les investisseurs.
Les événements climatiques extrêmes ne sont plus des scénarios lointains. Ils s’enchaînent et affectent directement les activités économiques, en particulier les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les inondations récentes en Asie du Sud et du Sud-Est en sont une illustration frappante. Au-delà du drame humain, elles ont entraîné des fermetures de sites industriels, des pertes agricoles massives et des retards logistiques dans des régions clés pour le commerce mondial. Caoutchouc, textile, électronique, automobile, café : de nombreux secteurs ont vu leurs flux ralentis ou interrompus.
Ces événements mettent en lumière une réalité de plus en plus tangible : la forte concentration géographique des chaînes de valeur accroît leur vulnérabilité aux chocs climatiques.
Du risque climatique au risque économique
Longtemps perçus comme des événements exceptionnels, les aléas climatiques deviennent des facteurs structurels d’instabilité. Pour les entreprises, cela se traduit par des ruptures d’approvisionnement, une hausse des coûts logistiques, des délais de livraison allongés et une exposition accrue aux risques opérationnels.
Du côté des investisseurs, la prise de conscience s’accélère. Plusieurs institutions financières et régulateurs alertent désormais sur le poids du risque physique dans la valorisation des actifs. Selon certaines estimations, une part significative du PIB mondial pourrait être affectée d’ici 2050 si ces risques ne sont pas mieux intégrés.
Résultat : l’adaptation au changement climatique devient un sujet central des stratégies d’investissement, au même titre que la transition bas carbone.
Intégrer l’adaptation dans les décisions
De nouveaux outils émergent pour aider entreprises et investisseurs à mieux évaluer leur exposition aux risques physiques : cartographie des sites, analyse géographique des chaînes d’approvisionnement, scénarios climatiques, plans de continuité d’activité.
Un point clé ressort des travaux récents : les entreprises qui ont engagé une démarche structurée d’identification et de gestion de leurs risques climatiques sont perçues comme plus résilientes, et donc moins risquées sur le plan financier.
À l’inverse, l’absence de données fiables sur l’exposition des sites, des fournisseurs ou des flux rend l’évaluation du risque plus complexe et plus coûteuse.
Sécuriser sa chaîne de valeur : un enjeu stratégique
Dans ce contexte, la question n’est plus seulement environnementale. Elle est profondément économique et opérationnelle.
Sécuriser sa chaîne de valeur, c’est notamment comprendre ses dépendances géographiques, identifier les zones les plus exposées aux aléas climatiques, anticiper les impacts sur les flux, les délais et les coûts, et intégrer ces risques dans la gouvernance et les décisions stratégiques.
La durabilité et l’adaptation deviennent ainsi de véritables outils de pilotage, au service de la continuité d’activité et de la performance dans un monde instable.
Pour aller plus loin
Faire un premier état des lieux permet déjà de gagner en visibilité et d’identifier ses priorités d’action.
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