La Méditerranée maritime sous tension
Depuis le début du mois, les tempêtes Kristine et Marta ont paralysé le trafic entre l’Espagne et le port de Tanger Med, l’un des principaux hubs de la région, tandis qu’un mouvement social d’ampleur secoue le secteur, poussant les autorités à nommer des médiateurs pour désamorcer la crise.
Dès le 2 février, les autorités portuaires de Tanger Med avaient alerté sur des perturbations majeures à venir. Entre le 3 et le 8 février, les prévisions météorologiques annonçaient des conditions climatiques extrêmes dans le détroit de Gibraltar, entraînant des retards et des annulations de liaisons maritimes. « Ces perturbations pourraient affecter la régularité des traversées, avec des risques pour la sécurité des passagers et des navires », précisait un communiqué officiel. Les voyageurs et les compagnies de transport ont dû s’adapter en urgence, contactant les compagnies pour obtenir des informations en temps réel et éviter les désagréments.
Les tempêtes Kristine et Marta, qui ont également frappé le Portugal et l’Espagne, ont ainsi mis en lumière la vulnérabilité des infrastructures maritimes face aux aléas climatiques, mais aussi leur rôle central dans l’économie régionale. Tanger Med, plateforme majeure pour le transport de passagers et de marchandises entre l’Europe et l’Afrique, s’est retrouvé au cœur de la crise.
Dans ce contexte déjà tendu, un mouvement social a émergé en Méditerranée, porté par des revendications françaises contre le dumping social maritime. Les travailleurs dénoncent les écarts de conditions d’emploi et de rémunération entre les compagnies opérant sur le même bassin, un phénomène aggravé par la loi Le Gac, dont le champ d’application reste limité et ne couvre pas l’ensemble des liaisons méditerranéennes.
Face à l’escalade des tensions, le ministère a réagi en nommant deux médiateurs, Bernard Mazuel, ainsi que François Lambert, directeur général de l’École nationale supérieure maritime (ENSM). Leur mission est d’animer une consultation avec l’ensemble des acteurs concernés (armateurs, syndicats, régions) pour formuler des propositions concrètes et apaiser le conflit.


