22 janvier, 2026

CSRD : un an après, pourquoi tout le monde est concerné

En un an, la CSRD a fait passer la RSE du “projet” au pilotage : données plus solides, gouvernance mobilisée, et effet d’entraînement sur toute la chaîne de valeur.

En 2025, les premiers groupes concernés (vague 1) ont publié leurs rapports CSRD… pendant que l’Europe débattait déjà de simplification. Résultat : un paradoxe intéressant. D’un côté, des ajustements réglementaires. De l’autre, un mouvement déjà enclenché dans les entreprises : la durabilité est devenue un sujet de gestion, de risque et de performance.

Ce qui a changé concrètement en 12 mois

1) La RSE est montée au niveau stratégique (Comex / CA).
Le vrai accélérateur, c’est la double matérialité : regarder à la fois les impacts de l’entreprise sur l’environnement et la société, et les risques ESG qui pèsent sur son modèle économique. Plusieurs retours d’expérience montrent que cet exercice a “repositionné” la RSE dans la gouvernance, parce qu’il rend les sujets objectivables et arbitrables.

2) Les entreprises ont commencé à industrialiser la donnée (et ça déborde de la RSE).
Le premier bilan est plutôt solide : un benchmark KPMG sur 54 entreprises (CAC 40 / Next 120) relève une dynamique collective et, notamment, une double matérialité souvent bien documentée (85% décrivent tous les prérequis).
Et surtout : ce chantier oblige à embarquer achats, finance, RH, opérations… donc à relier stratégie, risques, et indicateurs.

3) La CSRD a créé un “langage commun”… et un effet marché.
Même avec les débats Omnibus, beaucoup d’acteurs constatent que les critères ESG deviennent plus décisifs dans les appels d’offres, les attentes de clients, de banques, d’assureurs et d’investisseurs. Certains grands groupes disent même y voir un avantage compétitif, y compris dans leurs échanges avec des investisseurs internationaux, parce qu’on y parle in fine… de risque business.

Pourquoi tout le monde est impacté (y compris les entreprises “hors scope”)

Même si votre entreprise n’est pas (ou plus) directement concernée par l’obligation, les demandes remontent par la chaîne de valeur : questionnaires fournisseurs, exigences d’appels d’offres, preuves de plans d’action, traçabilité, indicateurs climat/social, etc. Et plusieurs observateurs notent déjà que des entreprises continuent à faire l’exercice de double matérialité volontairement, parce qu’il est jugé utile et rentable.

Le message clé pour 2026

La CSRD a montré une chose : la durabilité n’est plus un “reporting à produire”, c’est une méthode pour clarifier vos risques, vos dépendances, vos priorités… et mieux piloter votre trajectoire.
La meilleure question n’est donc pas “suis-je soumis ?”, mais : quel niveau de structuration me rend plus robuste face à mes clients, mes financeurs et mes risques opérationnels ?

Pour démarrer simplement : faire un état des lieux rapide, puis choisir un cadre de progression adapté (niveau de maturité, secteur, exposition chaîne de valeur).

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Source :
Rédacteur : Johanna Bantman