Bilan carbone : entre obligations et pression des donneurs d’ordre, un enjeu stratégique pour les entreprises
Le bilan carbone ne concerne officiellement qu’une partie des entreprises. Dans les faits, la pression des donneurs d’ordre et des appels d’offres en fait un critère de compétitivité pour l’ensemble de la chaîne de valeur.
En France, le bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES) est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés (250 en outre-mer), certaines entités publiques et les collectivités de plus de 50 000 habitants. La mise à jour doit être réalisée tous les quatre ans.
Jusqu’à récemment, beaucoup d’organisations considéraient que cette obligation portait essentiellement sur les scopes 1 et 2, c’est-à-dire les émissions directes et celles liées à l’énergie. Cette lecture n’est plus d’actualité. Le cadre réglementaire impose désormais d’intégrer également les émissions indirectes significatives, notamment celles du scope 3.
À première vue, une grande partie des PME et des ETI pourrait se considérer hors périmètre.
Dans les faits, cette analyse est devenue économiquement risquée.
Le scope 3 : une obligation qui diffuse sur toute la chaîne de valeur
L’intégration du scope 3 transforme profondément la logique du BEGES. Il ne s’agit plus seulement de mesurer ses consommations énergétiques ou ses émissions directes, mais d’analyser l’ensemble des émissions générées tout au long de la chaîne de valeur : achats de matières premières, transport amont et aval, sous-traitance, utilisation des produits, fin de vie.
Or, dans la majorité des secteurs, le scope 3 représente la part prépondérante des émissions totales.
Pour les entreprises soumises à obligation, cela implique un besoin massif de données fiables provenant de leurs fournisseurs. Les directions achats structurent désormais leurs exigences carbone. Les appels d’offres, publics comme privés, intègrent des critères environnementaux de plus en plus précis, comparables et documentés.
L’effet domino est immédiat.
Une PME du transport, un industriel exportateur ou un sous-traitant positionné dans une chaîne internationale peut ne pas être directement soumis au BEGES réglementaire. En revanche, il sera sollicité pour fournir ses propres données carbone afin d’alimenter le scope 3 de ses donneurs d’ordre.
L’absence de données structurées devient alors un risque commercial concret : difficulté à se référencer, fragilisation lors des renouvellements de contrats, perte de compétitivité dans les appels d’offres, perception d’un manque de maturité RSE.
Du BEGES réglementaire à l’outil de pilotage stratégique
Le BEGES répond d’abord à une exigence de conformité. Il sécurise la position de l’entreprise vis-à-vis de l’administration. Mais avec l’intégration du scope 3, il devient un véritable outil de pilotage stratégique.
Mesurer l’ensemble des émissions indirectes permet d’identifier les postes réellement structurants : transport international, dépendance à certains fournisseurs, intensité carbone des matières premières, vulnérabilité énergétique. Ces éléments recoupent directement les enjeux de continuité d’activité, de volatilité des coûts et de résilience supply chain.
Pour les entreprises actives à l’international, la question est encore plus sensible. Flux complexes, fournisseurs hors Union européenne, contraintes douanières et logistiques concentrent souvent une part majeure des émissions… et des risques opérationnels.
Dans ce contexte, ne pas mesurer revient à piloter sans visibilité.
À l’inverse, intégrer le carbone dans la réflexion stratégique permet d’arbitrer autrement ses choix fournisseurs, ses schémas logistiques, ses investissements industriels ou énergétiques.
Le BEGES n’est plus une formalité administrative. Il devient un levier de sécurisation d’activité, d’accès aux marchés et de différenciation compétitive.
Ce que nous vous recommandons :
- Evaluer votre exposition réelle aux exigences carbone de vos clients et donneurs d’ordre ;
- Clarifier votre niveau de maturité pour éviter une réponse improvisée ou défensive ;
- Prioriser les postes critiques de votre chaîne de valeur (transport, achats internationaux, énergie) ;
- Intégrer progressivement le carbone dans vos décisions opérationnelles et commerciales ;
- Structurer une trajectoire adaptée à votre réalité terrain et à vos enjeux business.
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